La sécurité des produits devient de plus en plus essentielle à mesure que les cyberattaques se multiplient. En 2024, par exemple, les attaques visant les appareils connectés (IoT) ont augmenté de 107 % au cours des cinq premiers mois de l’année, selon le rapport semestriel sur les menaces de SonicWall (source en anglais).
Lorsqu’ils valident une idée de produit, les entrepreneurs ont souvent tendance à négliger les questions de sécurité. Ils privilégient l’expérience utilisateur et la simplicité d’utilisation, sans toujours prendre le temps d’identifier les risques potentiels. Pourtant, que vous développiez vos propres produits ou que vous en proposiez provenant d’autres marques, la sécurité doit rester une priorité. Si vous ne parvenez pas à empêcher les pirates de voler des données ou de créer des contrefaçons, votre entreprise peut perdre à la fois des clients et des revenus.
Dans la suite de cet article, vous découvrirez ce qu’est la sécurité des produits, en quoi elle diffère de la sécurité des applications, pourquoi elle est essentielle et quelles mesures adopter pour bâtir une entreprise plus sûre, capable d’inspirer la confiance de vos clients.
Qu'est-ce que la sécurité des produits ?
La sécurité des produits correspond à une approche globale adoptée par l’entreprise pour concevoir, commercialiser et maintenir des produits et des services de manière sécurisée.
Les entreprises intègrent ces pratiques dans l’ensemble de leurs services, de la recherche et développement aux achats, en passant par le service client. L’objectif est de s’assurer que les produits résistent aux manipulations malveillantes, aux cyberattaques, au vol et à la contrefaçon à chaque étape de leur cycle de vie.
Cet enjeu est d’autant plus important que le coût moyen d’une violation de données a atteint 4,8 millions de dollars en 2024, soit une hausse de 10 % par rapport à l’année précédente, selon IBM (source en anglais).
En mettant en place des méthodes communes pour identifier et corriger les failles de sécurité, la sécurité des produits permet aux différentes équipes de repérer les vulnérabilités plus tôt et de protéger l’entreprise contre des perturbations coûteuses.
Sécurité des produits vs sécurité des applications : quelle est la différence ?
La sécurité des produits et la sécurité des applications (AppSec) poursuivent le même objectif : empêcher les attaques. Cependant, elles s’attaquent à deux types de risques différents.
La sécurité des produits protège l’appareil et tout son écosystème, tandis que l’AppSec se concentre sur la protection du code qui fonctionne sur cet appareil.
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Sécurité des produits |
Sécurité des applications |
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Portée |
Écosystème complet de l'appareil et services |
Code de l'application et surface de données |
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Objectif |
Résister aux manipulations, vérifier le firmware, protéger les données |
Éliminer les failles du code, protéger les données utilisateur |
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Approche |
Modélisation des menaces matérielles et mises à jour OTA |
Analyses dans les pipelines CI/CD et correctifs rapides |
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Responsabilité |
Équipes PSIRT, ingénieurs hardware et équipes supply chain |
DevSecOps et ingénieurs logiciels |
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Défis |
Cycles de vie longs, rappels physiques coûteux |
Cycles de développement rapides et dépendances vulnérables |
1. Portée
La sécurité des produits couvre l’ensemble du réseau d’appareils connectés. Elle protège le matériel, l’infrastructure cloud, les applications mobiles et tous les services qui soutiennent le produit.
L’AppSec se concentre uniquement sur la couche logicielle, comme le code, les flux de données, les API ecommerce et les interactions des utilisateurs. Elle ne traite pas les problèmes liés au matériel ou à la chaîne d’approvisionnement.
2. Objectif
La sécurité des produits vise à rendre un appareil résistant aux manipulations, à garantir que son firmware est signé et vérifié, et à protéger les données qu’il stocke ou transmet. Par exemple, un thermostat connecté installé dans le salon d’un client doit pouvoir résister aux manipulations physiques et protéger les données personnelles et les programmes de température pendant de nombreuses années.
L’AppSec, de son côté, garantit que l’application ne contient pas de failles susceptibles de divulguer des données sensibles. Le rapport Open Source Security and Risk Analysis 2025 de BlackDuck (en anglais) indique que 86 % des bases de code auditées présentent des vulnérabilités, ce qui montre l’importance d’une surveillance continue.
3. Approche
La sécurité des produits commence par la modélisation des menaces et la mise en place de protections matérielles, comme les firmwares signés ou les contrôles liés au Software Bill of Materials (SBOM). Différentes équipes réalisent ensuite des tests de résistance, par exemple des tests d’intrusion en laboratoire ou des simulations de mises à jour à distance (OTA), afin d’identifier les failles. Si une vulnérabilité est détectée, l’équipe Product Security Incident Response Team (PSIRT) coordonne la réponse et la diffusion des correctifs.
Les équipes AppSec utilisent des modèles de menaces de type STRIDE et des règles de développement sécurisé tout au long des processus CI/CD (intégration continue et déploiement continu). Des analyses statiques et dynamiques de sécurité des applications (SAST et DAST) ainsi que des contrôles des dépendances sont effectués à chaque nouvelle version. Des protections en temps réel et des correctifs rapides permettent ensuite de bloquer les exploits et de corriger les failles en quelques heures.
4. Responsabilité
La sécurité des produits implique de nombreux acteurs, notamment les ingénieurs hardware, les responsables de la chaîne d’approvisionnement, les équipes conformité et une équipe PSIRT dédiée.
L’AppSec relève principalement des équipes de développement logiciel, de sécurité et d’exploitation, réunies sous l’approche DevSecOps.
5. Défis
Les équipes chargées de la sécurité des produits doivent gérer des cycles de vie très longs, des chaînes d’approvisionnement complexes et des appareils parfois laissés exposés par les utilisateurs. Les attaquants peuvent aussi manipuler physiquement les appareils, et un rappel de produit peut coûter très cher.
Les équipes AppSec doivent, quant à elles, composer avec des cycles de publication très rapides, souvent toutes les une à deux semaines, ainsi qu’avec de nombreuses dépendances open source. Les API non documentées, les microservices et les systèmes hérités élargissent également la surface d’attaque et compliquent la visibilité globale sur la sécurité.
Pourquoi la sécurité des produits est-elle importante ?
- Réduction des risques
- Protection des données clients
- Meilleure réputation de l’entreprise
- Meilleure efficacité
- Permet d’éviter les répercussions financières et juridiques
- Fiabilité et longévité des produits
- Innovation
Investir dans la sécurité des produits présente de nombreux avantages pour une entreprise. Voici les principales raisons :
Réduction des risques
Sans sécurité des produits, vos appareils sont exposés aux manipulations, au vol de données et aux contrefaçons. Ces risques ne concernent pas seulement vos clients : ils peuvent perturber vos activités, nuire à votre réputation et entraîner des coûts élevés liés à la non-conformité. Une approche proactive permet d’identifier les vulnérabilités dès le début et de limiter l’impact des attaques tout au long du cycle de vie du produit.
Protection des données clients
Vos clients vous font confiance pour sécuriser leurs informations personnelles. Une faille de sécurité peut compromettre ces données, entraîner des violations de la vie privée et faire perdre la confiance des utilisateurs, ce qui est difficile à récupérer. Une gestion rigoureuse des données montre votre engagement envers la confidentialité et peut transformer vos clients en ambassadeurs fidèles de votre marque.
Meilleure réputation de l’entreprise
Une violation de sécurité fait rapidement le tour des médias, surtout si elle concerne des appareils piratés ou des données clients exposées. Une sécurité opérationnelle compromise peut provoquer une perte de clients, une baisse du cours de l’action et endommager durablement l’image de marque. À l’inverse, une réputation de produits sûrs attire des acheteurs sensibles à la sécurité et ouvre des opportunités pour des contrats B2B à forte valeur.
Meilleure efficacité
Lorsque les équipes développement, sécurité et opérations travaillent sur une plateforme DevSecOps unifiée, elles n’ont plus besoin de gérer des outils séparés ni de courir après des approbations multiples. Le travail circule plus facilement de l’idée au lancement. Selon l’étude Total Economic Impact 2024 de Forrester sur GitLab (source en anglais), cette approche peut réduire par cinq le temps consacré aux tâches de sécurité et multiplier par quatre la productivité des développeurs. Intégrer la sécurité dès le début du développement protège le produit tout en simplifiant le flux de travail.
Permet d’éviter les répercussions financières et juridiques
Les régulateurs sont de plus en plus stricts. Par exemple, l’EDPB irlandais a infligé une amende de 1,2 milliard d'euros à Meta en 2023 (en anglais) pour manquements à la vie privée, et l’application du RGPD ne cesse de se renforcer. Corriger les vulnérabilités pendant le développement est beaucoup moins coûteux que de devoir installer des contrôles après le lancement et payer des amendes à neuf chiffres.
💡 Conseil : Gardez une longueur d'avance sur l'évolution des lois e-commerce et créez des politiques de sécurité solides avec le générateur de politiques de confidentialité gratuit de Shopify.
Fiabilité et longévité des produits
Des failles non traitées peuvent provoquer des dysfonctionnements, des interruptions de service ou des détournements malveillants. Cela est particulièrement critique dans des secteurs comme la santé, l’automobile ou le contrôle industriel, où une faille de sécurité peut mettre des vies en danger. Une sécurité robuste garantit que vos appareils fonctionnent comme prévu, améliorant leur fiabilité, leur durée de vie et la réputation de votre marque pour la qualité.
Innovation
L’innovation repose sur la confiance. Investir dans la sécurité des produits permet de l’instaurer. Selon l’enquête Global Digital Trust Insights 2024 de PwC (en anglais), les 5 % de marques les plus engagées dans la cybersécurité sont six fois plus susceptibles de lancer des initiatives technologiques transformantes. Une sécurité solide donne aux dirigeants la confiance nécessaire pour explorer de nouveaux marchés et opportunités commerciales sans craindre la prochaine faille.
Cadre de sécurité des produits
Pour renforcer la sécurité des produits, il est essentiel d’adopter une approche globale qui couvre les vulnérabilités matérielles, logicielles et procédurales. Voici un cadre à suivre pour identifier les défis courants et protéger vos produits :
- Modélisation des menaces
- Principes de conception sécurisée
- Cycle de développement sécurisé (SDL)
- Gestion des vulnérabilités
- Sécurité de la chaîne d'approvisionnement
- Déploiement sécurisé
- Réponse aux incidents de sécurité
- Surveillance continue
- Formation et sensibilisation
Modélisation des menaces
Les tests de sécurité traditionnels peuvent intervenir trop tard, rendant les corrections coûteuses. Il peut également être difficile d’impliquer des parties prenantes non techniques, comme les designers ou les chefs de produit.
Commencez la modélisation des menaces dès le début en schématisant les flux de données et les zones de confiance de votre produit. Impliquez toute l’équipe produit et utilisez des cadres comme STRIDE (usurpation d’identité, manipulation, répudiation, divulgation d’information, déni de service, élévation de privilèges) pour identifier les attaques potentielles.
Rendez la démarche collaborative. Utilisez des outils visuels et des techniques comme le chaos engineering, par exemple des sessions "attaquez votre propre produit", pour sensibiliser l’équipe.
Principes de conception sécurisée
La sécurité des produits commence dès la phase de conception. En France et en Europe, on peut s’appuyer sur des référentiels comme ceux de l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) ou sur les normes européennes et internationales telles que l’ISO/IEC 27001. Le Secure Software Development Framework (SSDF) du National Institute of Standards and Technology (NIST) est aussi un bon point de départ. Il permet de réduire le nombre de défauts livrés, limiter l’impact de ceux qui échappent au contrôle et créer un langage commun avec les clients et les régulateurs.
Par exemple, le SSDF suggère les actions suivantes :
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Pilier SSDF |
Action |
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PO — Préparer l'organisation |
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PS — Protéger le logiciel |
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PW — Produire des logiciels bien sécurisés |
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RV — Répondre aux vulnérabilités |
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Adopter ces contrôles dès la conception permet de réduire considérablement les coûts de retouche ultérieurs. Selon le System Science Institute d'IBM, corriger un bug après le lancement peut coûter quatre à cinq fois plus cher, et jusqu’à cent fois plus durant la phase de maintenance. Il est important d’aligner ces principes de conception avec la stratégie globale de développement produit pour rester réaliste dans le périmètre du projet.
Cycle de développement sécurisé (SDL)
Les équipes de développement perçoivent parfois les mesures de sécurité comme des freins qui ralentissent les mises en production. Pourtant, cette vision peut conduire à des vulnérabilités critiques par la suite.
S’appuyer sur des cadres comme le SDL de Microsoft ou OWASP SAMM permet d’intégrer la sécurité à chaque étape du développement. Cela inclut des pratiques telles que les revues de code orientées sécurité, l’utilisation de bibliothèques validées et sécurisées, ainsi que l’analyse statique du code. L’idée est simple : intégrer la sécurité dès le départ est bien plus efficace que corriger des failles après le lancement.
Ce principe s’applique aussi aux produits non technologiques. Gloria Hwang, fondatrice de la marque de casques de vélo Thousand, a lancé son entreprise avec l’objectif de sauver 1 000 vies grâce à des équipements de protection. Elle est partie d’un constat simple : le design peu attractif des casques dissuade leur utilisation.
Dans un épisode du podcast Shopify Masters, elle explique :
"Pour plus de praticité, nous avons créé PopLock, un système antivol qui permet d’attacher son casque. Nous proposons aussi la technologie MIPS sur certains modèles. Notre objectif est de concevoir des produits autour de trois piliers : sécurité, style et praticité."
Gestion des vulnérabilités
Avec la complexité des produits modernes, du firmware jusqu’aux API, il devient presque impossible de repérer toutes les failles à la main. D’où l’importance d’intégrer de véritables pratiques d’assurance qualité.
L’idéal est de mettre en place des analyses régulières de vulnérabilités et des tests d’intrusion à l’aide d’outils automatisés capables de passer au crible l’ensemble de votre écosystème (comme Rapid7 Nexpose, ZAP ou Tenable).
Ensuite, il faut prioriser les failles en fonction de leur niveau de risque, et structurer un processus clair pour les suivre, les corriger et vérifier leur résolution. Cette approche proactive permet de garder une longueur d’avance sur les attaquants qui cherchent en permanence des points faibles.
Sécurité de la chaîne d'approvisionnement
D’après le rapport 2025 d'Ivanti sur l'état de la cybersécurité, seule une organisation sur trois se considère réellement prête à faire face aux risques liés à la chaîne d’approvisionnement logicielle. Le rapport DBIR 2024 de Verizon indique également que 15 % des violations de données impliquent déjà un prestataire tiers ou un maillon de cette chaîne, avec une forte progression d’une année sur l’autre.
Le risque est important, car un attaquant peut compromettre un seul fournisseur de confiance et provoquer un effet en cascade sur de nombreux systèmes dépendants. Pour limiter cet impact :
- Évaluez les fournisseurs sur les pratiques de développement sécurisé comme la signature de code multifacteur, les builds reproductibles et les politiques de divulgation des vulnérabilités.
- Surveillez l'activité des fournisseurs à l'aide de la gestion de la surface d'attaque ou de flux de renseignements sur les menaces. Surveillez les signes de compromission sur les IP, les dépôts Git et les buckets cloud.
- Appuyez-vous sur des référentiels reconnus comme NIST C-SCRM, ISO 27036 ou les exigences européennes NIS2 pour structurer vos contrôles.
- Vérifiez les conditions de vos assurances cyber, car certaines exclusions peuvent concerner les attaques liées à la chaîne d’approvisionnement.
Déploiement sécurisé
La sécurisation des déploiements et des configurations est un élément clé pour prévenir les fuites de données et respecter les exigences réglementaires. Cela inclut notamment la protection des pipelines CI/CD, l’analyse des infrastructures décrites en code et la gestion des informations sensibles.
Quelques fondamentaux du déploiement sécurisé sont :
- Le cycle de développement sécurisé, qui consiste à intégrer la sécurité à chaque étape du projet.
- L’approche DevSecOps, qui vise à introduire la sécurité dès les premières phases de développement.
- L’infrastructure as code, qui permet de standardiser, versionner et auditer plus facilement les environnements techniques.
Des outils comme Ansible ou Puppet facilitent l’automatisation des configurations, tandis que des référentiels comme les CIS Benchmarks ou les recommandations du NIST fournissent des bases solides pour sécuriser les déploiements.
Réponse aux incidents de sécurité
Aucun produit n’est totalement invulnérable. Pour les fabricants, en particulier dans l’industrie, déployer rapidement des correctifs sans perturber les opérations peut représenter un véritable défi.
Pour éviter d’être pris au dépourvu, il est essentiel de mettre en place un plan de réponse aux incidents solide. Celui-ci doit couvrir toutes les étapes clés : la détection, le confinement, l’élimination de la menace et le retour à la normale.
Il est également recommandé de concevoir des produits capables de recevoir des mises à jour sécurisées à distance, afin d’accélérer le déploiement des correctifs. Organiser régulièrement des exercices permet de tester l’efficacité des procédures et d’améliorer les temps de réaction. Enfin, des protocoles de communication clairs doivent être prévus pour informer rapidement les clients, tout en respectant les obligations réglementaires et éthiques.
Surveillance continue
La surveillance continue repose sur une approche automatisée qui consiste à observer en permanence les systèmes informatiques et les réseaux afin de détecter les menaces de sécurité.
Selon Gartner (source en anglais), les organisations qui basent leurs investissements sur un programme de gestion continue de l’exposition auront trois fois moins de risques de subir une violation de données d’ici 2026.
Il existe trois principaux types de surveillance continue :
- La surveillance des applications : elle suit des indicateurs comme le nombre de transactions par seconde, les taux d’erreur, le temps de disponibilité ou encore la performance globale, afin de détecter les bugs et les ralentissements.
- La surveillance des infrastructures : elle concerne le stockage, les réseaux et les équipements physiques ou virtuels. Elle aide à diagnostiquer les problèmes, optimiser l’utilisation des ressources, réduire les coûts et anticiper les besoins futurs.
- La surveillance des réseaux : elle analyse les pare-feu, routeurs, commutateurs et autres équipements pour suivre l’utilisation de la bande passante, les pertes de paquets, les délais et les tentatives d’intrusion.
L’objectif global est de réduire les risques en cybersécurité en définissant des seuils de performance et en repérant rapidement les comportements anormaux.
Formation et sensibilisation
Le facteur humain reste le maillon faible en matière de sécurité. Le rapport 2024 de Verizon (en anglais) sur les violations de données indique que 68 % des incidents impliquent une erreur ou une action humaine, un chiffre similaire à celui observé l’année précédente.
Il est donc important d’évaluer le niveau de risque au sein de l’entreprise, par exemple via des campagnes de simulation de phishing. Des exercices réguliers, évolutifs en difficulté, permettent d’améliorer progressivement les réflexes des utilisateurs.
Il est aussi recommandé d’imposer une formation à la sécurité avant d’accorder l’accès aux systèmes, aussi bien pour les employés que pour les prestataires. Enfin, valoriser les bonnes pratiques par des récompenses symboliques ou des mises en avant peut encourager des comportements plus responsables au quotidien.
Les outils de sécurité des produits indispensables pour toute organisation
- Scanners de vulnérabilités
- Outils d'analyse statique et dynamique
- Outils de tests d'intrusion
- Solutions de paiement et de détection de fraude
- Plateformes de renseignement sur les menaces (threat intelligence)
- Outils de sécurité cloud
- WAF et protection contre les attaques DDoS
- Outils de protection des e-mails
- Outils de gestion de la sécurité physique
Scanners de vulnérabilités
Les scanners de vulnérabilités analysent les serveurs, les ordinateurs et les équipements réseau pour repérer les correctifs manquants ou les configurations à risque. Ils classent ensuite les menaces selon leur niveau de criticité.
Ces outils fonctionnent en continu afin d’anticiper et de prévenir les attaques, tout en aidant les équipes sécurité à prioriser les correctifs. Par exemple, un scan hebdomadaire peut détecter une ancienne version de Log4j avant qu’un attaquant ne l’exploite. Des solutions comme Tenable sont largement utilisées, y compris par une grande partie des entreprises du Fortune 500, pour gérer ce type de risques.
Outils d'analyse statique et dynamique
Les outils SAST (analyse statique) et DAST (analyse dynamique) permettent d’identifier automatiquement les vulnérabilités dans les applications.
- Le SAST analyse le code source pour détecter les failles dès les premières étapes du développement. Parmi les outils connus, on retrouve Checkmarx, Spectral ou Veracode.
- Le DAST, lui, teste l’application en conditions réelles d’exécution pour repérer les failles exploitables. Des solutions comme Jit, Acunetix ou Akto sont souvent utilisées.
Aucune de ces approches ne couvre l’ensemble des risques à elle seule. C’est pourquoi elles sont généralement combinées pour garantir une couverture complète. L’analyse statique est souvent intégrée directement dans l’environnement de développement (IDE) ou les pipelines CI/CD afin de corriger les problèmes immédiatement.
Outils de tests d'intrusion
Les outils de test d’intrusion simulent des cyberattaques réelles sur les systèmes, les applications et les infrastructures. Le testeur définit des objectifs, analyse le réseau et identifie les points d’entrée potentiels avant les attaquants.
Aussi appelés “hacking éthique”, ces tests permettent de sécuriser les données clients, de respecter des normes comme PCI-DSS ou le RGPD, et de limiter les interruptions de service.
Parmi les outils les plus utilisés, on peut citer Rapid7 (framework open source), Burp Suite de PortSwigger ou encore Wireshark.
Solutions de paiement et de détection de fraude
Les passerelles de paiement et les outils de détection de fraude travaillent ensemble pour sécuriser les transactions en ligne.
La passerelle de paiement chiffre les données sensibles, comme les informations de carte bancaire. Les outils antifraude viennent en complément en analysant les transactions pour détecter les comportements suspects.
Ces solutions sont de plus en plus critiques : les pertes liées à la fraude sur les paiements e-commerce devraient dépasser les 100 milliards de dollars d’ici 2029 (source en anglais). Grâce à l’intelligence artificielle et au machine learning, ces outils identifient des schémas de fraude et réduisent les vérifications manuelles.
Par exemple, Shopify Payments intègre une analyse antifraude qui signale les commandes suspectes, tandis que Shopify Protect offre une protection supplémentaire contre les rétrofacturations frauduleuses sur certaines commandes Shop Pay.

Plateformes de renseignement sur les menaces (threat intelligence)
Une plateforme de threat intelligence (TIP) aide les entreprises à mieux comprendre, anticiper et réagir plus rapidement face aux cybermenaces. Avec plus de 600 millions d’attaques (source en anglais) recensées chaque jour, le volume est tel qu’il devient difficile de suivre sans outils adaptés.
Une TIP couvre l’ensemble du cycle de réponse aux incidents, de la détection jusqu’à la remédiation. Elle collecte automatiquement les données issues des journaux serveurs, des solutions de gestion des événements ou encore des flux de renseignement sur les menaces. Ces informations sont ensuite structurées et transformées en données exploitables pour faciliter la prise de décision.
Parmi les outils les plus reconnus :
- Recorder Future Intelligence Cloud, pour la collecte massive de données et l’évaluation des risques
- Cosive, qui combine threat intelligence et protection des endpoints
- Microsoft Defender Threat Intelligence, capable de cartographier à grande échelle les infrastructures des attaquants
Outils de sécurité cloud
Ces outils protègent les données, les applications et les infrastructures dans les environnements cloud, qu’il s’agisse d’IaaS, de PaaS ou de SaaS. Ils répondent à des enjeux majeurs comme la confidentialité des données, les accès non autorisés et les vulnérabilités, grâce à une surveillance continue et une protection en temps réel.
Parmi les solutions notables :
- Trivy, un scanner polyvalent pour les images de conteneurs, les systèmes de fichiers ou les dépôts Git
- AWS GuardDuty et Security Hub, pour la détection des menaces et la gestion de la posture de sécurité sur AWS
- Orca Security, qui identifie vulnérabilités et secrets exposés sans nécessiter d’agent
WAF et protection contre les attaques DDoS
Les WAF (pare-feu applicatifs web) et les solutions anti-DDoS protègent contre certaines des attaques les plus courantes et les plus perturbatrices.
Les WAF filtrent et surveillent le trafic entre les applications et Internet. Ils bloquent des attaques fréquentes comme les injections SQL, le cross-site scripting (XSS), les attaques DDoS ou encore les exploits d’inclusion de fichiers. Ils offrent également une protection contre les vulnérabilités listées dans l’OWASP Top 10.
Les solutions anti-DDoS, quant à elles, protègent contre les attaques massives visant à saturer un serveur ou un réseau en envoyant un volume énorme de trafic depuis plusieurs sources. Elles détectent les comportements anormaux et absorbent ou redirigent le trafic malveillant via des réseaux distribués.
Selon les données de Zayo (en anglais), une attaque DDoS coûtait en moyenne 6 000 dollars par minute en 2023, avec une durée moyenne de 68 minutes.
Ensemble, ces outils garantissent la disponibilité des services, protègent les données sensibles et assurent la continuité d’activité, même en situation critique.
Outils de protection des e-mails
L’email reste l’un des principaux points d’entrée des cyberattaques, ce qui rend les solutions de sécurisation des messageries indispensables pour protéger les entreprises. À titre d’exemple, un employé du service financier d’une société basée à Hong Kong a été manipulé par des fraudeurs et a transféré 25 millions de dollars (source en anglais) après avoir participé à une visioconférence avec des collègues… qui étaient en réalité des deepfakes.
La plupart des outils de protection des emails basés sur le cloud offrent des fonctionnalités comme l’archivage sécurisé, la continuité d’activité et une gestion centralisée des politiques de sécurité, le tout sans nécessiter d’investissement matériel initial.
Parmi les autres fonctionnalités proposées, on retrouve :
- Une protection contre les malwares et les spams
- Une défense avancée contre le phishing et les fraudes de type compromission de messagerie professionnelle
- La prévention des fuites de données grâce à l’analyse des contenus
- Des outils de messagerie sécurisée sans gestion complexe de clés de chiffrement
- Le transfert sécurisé de fichiers volumineux (jusqu’à 2 Go) avec des contrôles de sécurité adaptés
Outils de gestion de la sécurité physique
Les solutions modernes de sécurité physique permettent de protéger vos locaux, vos stocks et vos infrastructures contre les accès non autorisés et le vol. Les systèmes de sécurité ont évolué : on est passé d’équipements isolés comme les caméras de surveillance ou les alarmes à des réseaux interconnectés intégrant contrôle d’accès, identification et collaboration.
Les outils de gestion de la sécurité physique les plus performants reposent sur le principe des "cinq D" :
Les bons outils de gestion de la sécurité physique soutiennent les cinq D de la sécurité physique :
- Dissuader (Deter) les menaces avec un stockage sécurisé
- Détecter (Detect) les accès non autorisés via le suivi RFID
- Refuser (Deny) l'accès grâce à des autorisations personnalisables
- Retarder (Delay) les menaces pendant les urgences
- Défendre (Defend) les installations en gérant l'équipement de sécurité
Des plateformes comme SecuriThings permettent de connecter des dispositifs antivol issus de différents fournisseurs au sein d’un système unifié, afin de centraliser la surveillance et de recevoir des alertes en temps réel en cas de vulnérabilité.
5 conseils pour améliorer la sécurité des produits
1. Adoptez une approche centrée sur la sécurité
Adopter une logique "security-first", c’est intégrer la notion de risque dans chaque décision, qu’il s’agisse de la feuille de route produit ou du choix des prestataires. La sécurité ne doit plus être une simple étape de validation finale, mais un réflexe quotidien.
L’utilisation d’outils basés sur l’IA peut également aider à détecter et corriger les menaces plus rapidement. Aujourd’hui, le coût moyen d’une faille de sécurité avoisine les 5 millions de dollars, mais les entreprises peuvent économiser jusqu’à 2,22 millions (source en anglais) en intégrant l’IA et l’automatisation dans leurs pratiques de sécurité.
Pour mettre en place cette approche, vous pouvez notamment :
- Intégrer un relecteur sécurité à chaque pull request
- Organiser des ateliers de modélisation des menaces avant le développement de nouvelles fonctionnalités
- Suivre les SBOM (inventaires des composants logiciels) pour tous les codes tiers
2. Maintenez des systèmes à jour
Les failles non corrigées sont une porte d’entrée privilégiée pour les hackers. Environ 60 % des violations de données sont liées à des vulnérabilités non patchées, et 32 % des attaques commencent de cette manière (sources en anglais). Un exemple de cas célèbre : en 2017, Equifax n’a pas appliqué un correctif critique sur Apache Struts pendant deux mois, exposant ainsi les données de plus de 147 millions de personnes.
Pour garder vos systèmes à jour :
- Utilisez une solution automatisée de gestion des correctifs pour déployer rapidement les mises à jour systèmes et applicatives
- Lancez des analyses de vulnérabilités quotidiennes et priorisez immédiatement les failles exploitées
- Automatisez la mise à jour des dépendances et des SBOM dans vos pipelines CI/CD
- Planifiez des audits réguliers des bonnes pratiques de sécurité au niveau des comptes
3. S’appuyer sur les standards du secteur
Alignez-vous sur des référentiels reconnus comme NIST CSF v2, ISO 27001, CIS Controls ou encore OWASP ASVS. Ces cadres offrent une base solide avec des contrôles mesurables, évitant de repartir de zéro.
Selon le rapport Verizon DBIR (en anglais), les violations liées à l’exploitation de vulnérabilités (comme MOVEit) ont augmenté de 180 % en un an. Cela souligne l’importance d’appliquer des pratiques rigoureuses de gestion des vulnérabilités, notamment celles définies dans le CIS Control 7.
4. Renforcez la sécurité des paiements et des données
D’après Juniper Research, la fraude en e-commerce pourrait dépasser les 107 milliards de dollars d’ici 2029. Il est donc essentiel de s’appuyer sur des solutions de paiement fiables, comme Shopify Payments, qui intègrent :
- Un chiffrement avancé pour sécuriser les données de paiement
- Des systèmes de détection de fraude, incluant le 3D Secure et l’authentification forte
- Une conformité PCI, garantissant le respect des standards de sécurité du secteur
5. Renforcez la sécurité des stocks et de la logistique
Les commerçants ont constaté une hausse de 93 % (en anglais) du nombre moyen de vols à l’étalage entre 2019 et 2023, ainsi qu’une augmentation de 90 % des pertes financières associées. La réduction de la démarque inconnue est donc devenue un enjeu majeur pour le retail.
Voici quelques leviers efficaces :
- RFID et analyse des stocks en temps réel : étiquetez les produits à forte valeur et connectez les lecteurs à vos systèmes de gestion pour détecter rapidement les anomalies
- Vidéosurveillance augmentée par l’IA : utilisez des modèles de détection pour repérer les comportements suspects (vols en série, dépôts de sacs, accès non autorisés)
- Suivi GPS/IoT des expéditions : mettez en place des alertes automatiques si un envoi sort de son itinéraire ou reste bloqué à un point non prévu
FAQ sur la sécurité des produits
Qu'est-ce que la sécurité des produits vs la sécurité des applications ?
La sécurité des produits protège les appareils physiques et leurs logiciels embarqués tout au long de leur cycle de vie. La sécurité des applications traite exclusivement de la sécurisation des applications logicielles autonomes, telles que les applications web ou mobiles.
Pourquoi la sécurité des produits est-elle importante ?
La sécurité des produits est importante car elle protège les données et la confiance des clients, préserve la réputation de votre entreprise, évite les répercussions financières et juridiques des violations et garantit la fiabilité et la longévité de vos produits.
Qu'est-ce qu'un ingénieur en sécurité des produits ?
Un ingénieur en sécurité des produits conçoit, examine et teste les produits logiciels et matériels pour détecter les vulnérabilités. Il effectue la modélisation des menaces, crée des pratiques de codage sécurisé, corrige les correctifs et intègre des tests de sécurité automatisés dans le pipeline CI/CD.
Un VPN est-il un produit de sécurité ?
Oui, un réseau privé virtuel (VPN) est un produit de sécurité. Il crypte le trafic et masque les adresses IP pour protéger les données en transit. Cependant, ils ne couvrent que les risques au niveau du réseau. Les organisations ont besoin de mesures supplémentaires comme le renforcement des points de terminaison et l'authentification multifacteur pour une protection de marque complète.





